Le monde de l’œnologie aura rarement été dépeint avec autant de finesse et d’enthousiasme qu’à travers le manga de Tadashi Agi. Entre héritage, rivalités et mystères, Les Gouttes de Dieu fait partie des succès d’estime des années 2010 pour les otakus. Ce n’est pas pour rien d’ailleurs qu’il a eu droit à plusieurs adaptations, dont une série live-action sur Apple TV. Désormais, il est temps de redécouvrir cette œuvre qui fait du vin un prétexte de goût pour une histoire prête à nous tenir en haleine. Nous avons vu le premier épisode avant son arrivée sur Crunchyroll et la dégustation a été plutôt savoureuse.

Les Gouttes de Dieu nous happe dès la première gorgée

D’entrée, Les Gouttes de Dieu ne laisse planer aucun doute : le vin ne sera pas qu’un accompagnement dans cette série. C’est bien plus que cela, un art qui s’admire et se savoure. En tout cas, c’est ce que le grand critique Yutaka Kanzaki aurait aimé inculquer à son fils, Shizuku. Malheureusement, jamais de son vivant il n’aura vu la chair de sa chair ne boire qu’une seule gorgée de ce précieux breuvage. Qu’à cela ne tienne. Ce premier épisode révèle toute l’ingéniosité de cet homme qui a marqué son secteur. En effet, il a tout mis en œuvre pour que son héritier s’intéresse enfin à son domaine et s’en empare. Le défi nous fait déjà palpiter d’excitation.

Épisode 1 des Gouttes de Dieu (The Drops of God).
© Kōdansha / Satelight.

En temps normal, Shizuku aurait abandonné l’héritage de son père. Mais il n’y a rien de plus efficace pour donner envie à quelqu’un que de mettre des obstacles entre lui et ce qu’il pensait ne pas désirer. Quoi de mieux qu’un jeu de piste et un rival des plus aguerris pour réveiller l’instinct du fils Kanzaki et capter tout de suite notre attention ? On ne s’étonnera évidemment pas que le mangaka Tadashi Agi ait commencé sa carrière avec des fictions policières. L’adaptation des Gouttes de Dieu rend ici honneur à sa plume avec un sens du rythme et du drame qui nous enivre dès le premier épisode.

Pourtant, ce n’était pas forcément gagné d’avance. Le style du studio Satelight (Shugo Chara, Log Horizon) colle assez bien aux Gouttes de Dieu. Les artistes se sont approprié le trait du dessinateur du manga, Shū Okimoto. Ils seulement accentuent les contours, tout en préservant le design qui fleure bon le début des années 2000. Mais le côté daté pèse surtout quand il s’agit de l’animation. L’ensemble reste très statique, jusque dans les expressions des personnages. Mais cela est vite sauvé par un sens du découpage ciselé et du cadrage propice à faire naître la tension. Ajoutez à cela une mise en scène spectaculaire qui transforme chaque dégustation de vin en une profusion de couleurs et une véritable symphonie. En soutien, les thèmes musicaux soulignent l’élégance de l’œnologie. Après ce premier épisode, on veut se resservir à nouveau de ces Gouttes de Dieu.

On en reprendra une goutte de plus, s’il vous plaît

L’adaptation des Gouttes de Dieu serait-elle sur le poids de nous montrer qu’un bon anime, c’est comme le bon vin, c’est avec le temps qu’il s’affine ? 12 ans après avoir refermé les dernières pages du manga, Satelight nous sert un premier épisode qu’on prend le temps de déguster. Même si sa robe laisse percevoir quelques imperfections, la saveur est bien là. L’intrigue se lance ainsi avec prouesse. Voilà qui s’annonce follement palpitant.